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News and resources on French thinker Michel Foucault (1926-1984)

boquet Damien Boquet, Blaise Dufal, Pauline Labey (éd.), Une histoire au présent. Les historiens et Michel Foucault, Paris, CNRS éditions, 2013

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Cette réflexion de Jacques Léonard doit être prise au sérieux. Cinquante ans après la parution de l’Histoire de la folie et alors que s’achève la publication des cours au Collège de France, le dialogue des historiens avec Michel Foucault se poursuit.

Les textes réunis dans ce volume, abordant des périodes historiques différentes, mettent en avant des expériences individuelles au contact d’un Foucault désacralisé. Ils questionnent aussi bien des chantiers ouverts par Foucault (folie et déraison, enfermement psychiatrique et carcéral, pastorale, sexualité), des outils conceptuels (pratiques discursives, biopolitique, gouvernementalité, techniques de soi, régimes de vérité, objectivation du sujet), que des propositions historiographiques et épistémologiques (archéologie et généalogie, césure et continuité).

Dans cette mise à l’épreuve, le passé devient un lieu de problématisation du présent, et l’histoire, une voie qui singularise l’actualité.

Présentation du livre

Ce volume « Les historiens et Michel Foucault : une histoire au présent », qui rassemble les contributions de dix-huit auteurs, historiens de tous horizons (des sociétés, de l’art, de la philosophie), entend montrer la fécondité de la pensée foucaldienne dans la pratique de l’histoire aujourd’hui en France. Alors que les relations entre Michel Foucault et les historiens n’ont pas toujours été simples, notre objectif dans ce livre est de dépasser les questions portant sur la qualité historiographique des écrits de M. Foucault, pour donner à voir des parcours singuliers d’historiens, ou des expériences de recherche plus circonscrites, qui ont puisé chez M. Foucault des idées, des intuitions, des outils de toute nature pour forger leur propre pensée critique. Tordant le cou à une idée reçue qui voudrait que les historiens sont dans une position de défiance, voire de pinaillage érudit, face aux grandes enjambées historiques de Foucault, nous montrons au contraire que de nombreux historiens de formations très différentes, sans toujours revendiquer l’héritage foucaldien, font un usage critique de son œuvre.

Ce livre n’est donc pas un livre sur Foucault mais un livre avec Foucault. Il ne s’agit pas non plus de délimiter des courants de pensée ou une méthode spécifique qui définirait le bon usage historiographique de la pensée de Foucault qui se distingue de toute façon par sa discontinuité. Néanmoins, derrière la singularité des expériences, l’unité de l’ouvrage tient dans la nature du regard sur le travail historique et sur l’implication d’une pensée critique dans le présent. Là serait d’une certaine façon la fidélité à Foucault, dans cette volonté commune de « mettre le travail historique à l’épreuve d’une transformation des cadres conceptuels et théoriques ». Ce faisant, nous souhaitons donner à voir comment le passé devient un lieu de questionnement des problématisations du présent, non pas dans l’illusion que les leçons de l’histoire répondraient aux interrogations du présent, encore moins dans l’idée qu’une permanence des structures permettrait d’établir un dialogue immédiat mais parce que l’histoire singularise l’actualité. Le travail historique tel que le pratiquait Foucault relève d’un exercice philosophique qui, éprouvant le regard contemporain, lui donne les moyens de son propre affranchissement afin de penser autrement. C’est cette leçon qu’ont retenu les contributeurs de ce volume, dans un rapport avec l’œuvre de Foucault renouvelé ces dernières décennies par la publication des Dits et écrits et des cours au collège de France.

Les différentes contributions, qui ensemble forment un exercice critique collectif, cherchent donc à témoigner d’expériences intellectuelles autour et avec l’œuvre de Michel Foucault. Reprenant le questionnement de Paul Veyne sur les enjeux d’une histoire écrite avec Foucault, nous voulons recentrer la problématique sur la pratique historique et l’étude documentaire. Elles sont ici envisagées sous quatre angles. Dans le premier, les textes considèrent l’apport de Michel Foucault à l’élaboration de nouveaux thèmes de recherche comme le corps, la sexualité, les anormaux (fous, déviants, criminels), qui ont été au cœur de sa réflexion, construisant la société civile comme interface. L’étude de ces objets, à la charnière entre pratique et discours, permet de mettre en avant leurs enjeux politiques et sociaux ainsi que leur fonction dans la construction des sociétés disciplinaires. Dans un second temps, ce sont les pratiques discursives, la matière première du travail historique, qui sont questionnées selon la méthode de Foucault qui consiste à appréhender différents systèmes de discours comme formant une même pratique, produisant ses objets et ses normes. Quels sont les apports de cette méthode d’analyse des pratiques discursives pour l’étude de la théologie ou de la littérature, discours habituellement cloisonnés dans des champs bien spécifiques ? La question du « gouvernement des autres » constitue le troisième axe, portant sur l’utilisation, par les historiens, des outils conceptuels élaborés par Michel Foucault. Celui-ci, en mettant en avant l’articulation entre savoir et pouvoir, notamment à travers le concept de gouvernementalité, a construit des appareils intellectuels qui permettent d’analyser le politique et ses théories autrement que selon le mode quasi-tautologique de la philosophie politique traditionnelle. Comment les historiens reçoivent-ils et utilisent-ils ces concepts qui déplacent les problématiques et amènent au plus près des pratiques et des représentations qui forment des dispositifs politiques ? Enfin, la dernière section du livre revient sur les enjeux multiformes du présent de l’historien et du philosophe car, quelle que soit la distance exigée par ces deux pratiques intellectuelles, distance critique, distance analytique, elle ne saurait occulter que tout part d’une mise en problème de l’étrange singularité du moment présent.

Table des matières

Introduction

Michel Foucault à l’épreuve

Damien Boquet, Blaise Dufal, Pauline Labey ……………………………………… 9

Politiques des corps

Des sociétés d’avant la sexualité, des sociétés d’avant la norme : étudier l’Antiquité après Foucault

Sandra Boehringer …………………………………………………………………………. 17

Puissance de mort et puissance de vie du père romain sur son fils : lecture croisée de Michel Foucault et de Yan Thomas

Julien Dubouloz …………………………………………………………………………….. 41

L’amitié comme problème au Moyen Âge

Damien Boquet ……………………………………………………………………………… 59

Discours et pratique autour du malade au Moyen Âge. Réflexions sur l’usage d’un vocabulaire foucaldien

Pauline Labey ……………………………………………………………………………….. 83

Écrire l’histoire des prisons médiévales avec Michel Foucault

Julie Claustre ………………………………………………………………………………… 99

Pratiques du discours

Que veut dire faire une histoire des problématisations ?

Philippe Chevallier ………………………………………………………………………. 121

Michel Foucault et l’étude du contexte médiéval des œuvres littéraires : un discours de la méthode ?

Marie-Pascale Halary……………………………………………………………………. 137

Le sujet sans le kantisme.
Destruction et analyse philosophique des théories du « moi » chez Michel Foucault

Olivier Boulnois ……………………………………………………………………………155

La pratique des discours de vérité : droit et psychiatrie au XIXe siècle

Laurence Guignard ………………………………………………………………………..183

 Le gouvernement des autres

Le christianisme dans l’optique de la gouvernementalité : l’invention de l’obéissance

Michel Senellart…………………………………………………………………………….205

La lutte des races comme savoir archéologique pour l’aujourd’hui

Sophie Wahnich…………………………………………………………………………….225

Esthétique de l’existence et gouvernement des autres : la Révolution française (1789-1796) au prisme du cours de 1984

Déborah Cohen……………………………………………………………………………..243

Potestas dicitur multipliciter. Le pouvoir et la nature

Emanuele Coccia …………………………………………………………………………..261

Histoire au présent

Foucault et l’iconologie : le malentendu

Thomas Golsenne ………………………………………………………………………….283

Les raisons du malentendu. Histoire de la folie à l’âge classique : histoire et/ou psychologie

Jean-François Bert …………………………………………………………………………301

L’histoire de la philosophie saisie par son dehors

Luca Paltrinieri ……………………………………………………………………………..3

Histoire et expérience. Foucault et l’ontologie historique de nous-mêmes

Kim Sang Ong-Van-Cung ………………………………………………………………333

Les deux corps de l’intellectuel : une archéologie des clercs

Blaise Dufal………………………………………………………………………………….353

Les néolibéralismes de Michel Foucault, Raisons politiques, N° 52, 2013/4, 172 pages. Special Issue
https://shs.cairn.info/revue-raisons-politiques-2013-4

Présentation
En 1979, Michel Foucault prononce un cours au Collège de France intitulé “Naissance de la biopolitique”. Cet ensemble de leçons propose un examen du néolibéralisme allemand (Ordolibéralisme) et américain (École de Chicago). Foucault, dans ce cadre, propose des constructions conceptuelles inédites : problématisation du marché comme espace de véridiction, distinction entre la naturalité de l’échange marchand et l’artificialité d’un milieu de concurrence, mode de subjectivation inédit de l’homo oeconomicus (faire de soi-même une entreprise), détermination de la régulation comme nouvelle modalité de pouvoir.

Cette étude précède le consensus de Washington et la déréglementation des marchés financiers, qui définissent l’identité de ce que nous désignons immédiatement comme « néolibéralisme ». Pour autant, les analyses de Foucault ont été perçues, à l’occasion de la publication de ce cours en 2004, comme décisives pour comprendre la crise actuelle, en déterminer les enjeux, en mesurer la profondeur.

Des juristes, des économistes, des philosophes, des politistes ont trouvé là des grilles de lecture précieuses permettant de mieux entendre et définir notre situation contemporaine. C’est cette puissance de problématisation que nous tentons de restituer ici, à travers une série de textes qui démontrent comment et pourquoi ces études foucaldiennes d’un néolibéralisme pourtant historiquement daté permettent de ressaisir la singularité de notre actualité.

Editorial

Frédéric Gros et al., Introduction

Pierre Dardot, Le capitalisme à la lumière du néolibéralisme

Stéphane Haber, Le néolibéralisme est-il une phase du capitalisme ?

Antoine Garapon, Michel Foucault, visionnaire du droit contemporain

Maurizio Lazzarato, Naissance de la biopolitique, à la lumière de la crise

Geoffroy de Lagasnerie, Néolibéralisme, théorie politique et pensée critique

Ferhat Taylan, L’interventionnisme environnemental,une stratégie néolibérale

Luca Paltrinieri, Quantifier la qualité Le « capital humain » entre économie, démographie et éducation

Pierre-Olivier Monteil, L’« englobant/englobé » selon Ricoeur :une critique implicite de la raison néolibérale

Denis Ramond, L’ironie de la liberté d’expression

Guillaume Sauvé, Le mort saisit le vif Penser la démocratisation comme processus autoritaire en Russie

Marianne Fougère, Lecture critique

Michel Foucault éthique et vérité (1980-1984)
Daniele Lorenzini, Ariane Revel & Arianna Sforzini (eds.)

Michel Foucault : éthique et vérité (1980-1984), Paris, Vrin, coll. « Problèmes & Controverses », 2013

Les recherches menées par Foucault au cours des années quatre-vingt demeurent, à beaucoup d’égards, indécidables. Doit-on parler, à leur propos, d’un retour aux questions classiques du sujet, de la morale, de la liberté ? D’un abandon de la mise en perspective politique ? D’un dandysme esthétisant ? Les contemporains furent profondément déconcertés par des analyses qui, en se concentrant sur les modalités du rapport à soi et à la vérité dans l’Antiquité ou le christianisme primitif, paraissaient brouiller l’image d’un Foucault attaché à décrire et dénoncer les formes du pouvoir moderne.

Le présent ouvrage se propose de relever le défi posé par ce dernier moment, aussi fécond que provocateur, de la pensée foucaldienne, d’en dégager les enjeux théoriques et pratiques, et de se donner les moyens, à partir d’eux, de réinventer notre « actualité ».

Ont contribué à ce volume : Philippe Chevallier, Laura Cremonesi, Arnold I. Davidson, Piergiorgio Donatelli, Marie-Odile Goulet-Cazé, Frédéric Gros, Orazio Irrera, Daniele Lorenzini, Carlo Natali, Luca Paltrinieri, Judith Revel, Michel Senellart, Arianna Sforzini.

Table des matières

Introduction.
Actualité du « dernier » Foucault
Daniele Lorenzini, Ariane Revel, Arianna Sforzini

Première Partie
Le « tournant » 1980

Chapitre 1.
Le cours Du gouvernement des vivants dans la perspective de l’Histoire de la sexualité
Michel Senellart

Chapitre 2.
Vers l’éthique. La notion de « régime de vérité » dans le cours Du gouvernement des vivants
Philippe Chevallier

Chapitre 3.
La fin de l’herméneutique de soi
Arnold I. Davidson

Deuxième Partie
Foucault et la philosophie antique

Chapitre 4.
Subjectivité et vérité : quelques concepts inédits
Frédéric Gros

Chapitre 5.
Économique antique et souci de soi. De Xénophon à Foucault
Carlo Natali

Chapitre 6.
Michel Foucault et sa vision du cynisme dans Le courage de la vérité
Marie-Odile Goulet-Cazé

Troisième Partie
La parrêsia et l’attitude critique

Chapitre 7.
Askêsis, êthos, parrêsia : pour une généalogie de l’attitude critique
Laura Cremonesi

Chapitre 8.
Dramatiques de la vérité : la parrêsia à travers la tragédie attique
Arianna Sforzini

Chapitre 9.
Promenades, petits excursus et régimes d’historicité
Judith Revel

Quatrième Partie

Usages du dernier Foucault

Chapitre 10.
Foucault, éthique et subjectivité
Piergiorgio Donatelli

Chapitre 11.
Satyagraha : une alèthurgie décoloniale face au gouvernement colonial des vivants
Orazio Irrera

Chapitre 12.
Anarchéologie du management
Luca Paltrinieri

Chapitre 13.
Éthique et politique de nous-mêmes : à partir de Michel Foucault et Stanley Cavell
Daniele Lorenzini

Magnus Dahlstedt and Andreas Fejes, Family makeover: coaching, confession and parental responsibilisation (2013) Pedagogy, Culture and Society. 22(2), 169–188.
https://doi.org/10.1080/14681366.2013.812136

Abstract
Today, there is a widespread idea that parents need to learn how to carry out their roles as parents. Practices of parental learning operate throughout society. This article deals with one particular practice of parental learning, namely nanny TV, and the way in which ideal parents are constructed through such programmes. The point of departure is SOS Family, a series broadcast on Swedish television in 2008. Proceeding from the theorising of governmentality developed in the wake of the work of Michel Foucault, we analyse the parental ideals conveyed in the series, as an example of the way parents are constituted as subjects in the ‘advanced liberal society’ of today. The ideal parent is a subject who, guided by the coach, is constantly endeavouring to achieve a makeover. The objective of this endeavour, however, is self-control, whereby the parents will in the end become their own coaches.

Author Keywords
citizenship; confession; governmentality; nanny TV; parent education; responsibilisation

Natasha Saltes, ‘Abnormal’ Bodies on the Borders of Inclusion: Biopolitics and the Paradox of Disability Surveillance, Surveillance and Society, Vol 11, No 1/2 (2013)
https://doi.org/10.24908/ss.v11i1/2.4460

Abstract
When conducted according to the biomedical definition of disability, ‘disability surveillance’ involves monitoring bodies against normative ontological standards, classifying ‘abnormality’ and problematizing ‘abnormal bodies’ as risky. While disability surveillance that operates within a biomedical perspective contributes to the exclusion of disabled people, the counting and classifying of disabled people is necessary to achieve the aims and objectives of the disability rights movement. In examining this paradox, this paper looks at the ways in which the Canadian government defines and measures disability and the implication of discriminatory immigration policies and ableist biometric technologies. A theoretical framework with which to situate and examine disability surveillance is proposed. Drawing from the work of Foucault on normality/abnormality and subsequent literature on biopolitics, this paper contextualizes the paradoxical implications of surveillance practices that target disabled people.

Richard Herbert, Madness and Superheroes. A Foucaultian analysis of the madness of the gritty, realistic superhero movie, Overthinking It site, September 3rd, 2013.

‘We must understand it not as reason diseased, or as reason lost or alienated, but quite simply as reason dazzled’.

–Michel Foucault, Madness and Civilization

In 1938, Americans who tuned into Mercury Theater on Air’s Halloween program a bit late listened with rapt-attention and evolving terror as their radio-broadcast ostensibly reported the invasion of Earth by Martians. Of course, had they tuned in a few minutes earlier, they would have heard the program’s disclaimer identifying the work as a radio drama; a drama that used the format of news broadcasting to tell a science-fiction story. The panic that ensued, though probably not as great as the newspapers of the time would have us believe, was an example of a rational response to an imagined situation. After all, Orson Welles and Co. had carefully studied Herbert Morrison’s reporting of the Hindenburg disaster, and the broadcast ran without the commercials listeners would expect from a radio drama—all to increase the production’s sense of realism. Furthermore, this was during America’s peak alien fervor, well before better observation of Mars had discredited the supposed “Martian canals” and failed to reveal any evidence of intelligent life or civilizations on the Red Planet’s surface (Ray Bradbury’s The Martian Chronicles was still over a decade away).

Therefore, listeners who thought the broadcast was real, keeping in mind the lengths Welles and his cadre of performers went to in order to present a “real” experience, were not necessarily acting irrationally when they made frightened phone calls to the police, or peered out their windows to catch a glimpse of spaceships in the sky. But these reactions, though rationally justified, were nonetheless within the confines of a very convincing illusion: there were no spaceships, only the suggestion of them.

trainAnother, similar urban legend alleges that during the first screening of L’arrivée d’un train en gare de La Ciotat, a nineteenth century documentary short film of a train pulling into a station, audience members went screaming through the aisles in panic, due to the realism of the film and the unfamiliarity most people of the time had with motion pictures. While, again, accounts have probably been exaggerated (or confused with a later, stereoscopic viewing of the film), they nonetheless highlight the fine line between reality and a convincing illusion.

But how do you describe a physical response to what is clearly imagination, perfectly reasoned as it may be for the person doing it? It is not irrationality, because if you are convinced of an alien invasion or that you are about to be flattened by a train, action is the only rational response. But neither is it exactly reason: a better sense of judgment should keep a person from being fully convinced of a false image in the first place, even intuitively. To find the answer, we might look to Madness and Civilization, Michel Foucault’s first major work, wherein he describes the history (or at least his version of it) of the relationship between madness and European society, from the Middle Ages through the end of the Age of Reason. In doing so, he proffers both an extensive examination of how different periods have viewed and reacted to madness, as well as his own, more general definition of what makes someone mad:

All that madness can say of itself is merely reason, though it is itself the negation of reason. In short, a rational hold over madness is always possible and necessary, to the very degree that madness is non-reason. There is only one word which summarizes this experience, Unreason: all that, for reason, is closest and most remote, emptiest and most complete; all that presents itself to reason in familiar structures—authorizing a knowledge, and then a science, which seeks to be positive—and all that is constantly in retreat from reason, in the inaccessible domain of nothingness.

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Los Carpinteros, Avenida, 2013 (triptych) Courtesy Edouard Malingue Gallery

Los Carpinteros, Avenida, 2013 (triptych) Courtesy Edouard Malingue Gallery

Source: Cuban Art News

[Editor: Link Updated 17 April 2026 to page archived on the Wayback Machine]

Los Carpinteros in Hong Kong. They may construct sculptures out of Lego blocks, but when it comes to the theoretical underpinnings of their work Los Carpinteros don’t kid around. Heteropias, the title of their first solo show in Asia, was inspired by the French philosopher Michel Foucault, who defined heteropia as a space of otherness—not one place or another but simultaneously physical and mental, like the experience of a phone call. At Edouard Malingue gallery, the Legos are confined to two dimensions, in large-scale watercolors detailing crumbling cityscapes assembled from the plastic blocks. Also on view: meticulously crafted models of openwork structures that reference Foucault’s concept of the panopticon—including a model of Güiro, the full-sized party bar made for last year’s Art Basel Miami Beach. On view through November 23.

Katie R. Place and Jennifer Vardeman-Winter, Hegemonic discourse and self-discipline: Exploring Foucault’s concept of bio-power among public relations professionals, Public Relations Inquiry September 2013 vol. 2 no. 3, 305-325
https://doi.org/10.1177/2046147X13494965

Abstract
This qualitative study of 20 public relations practitioners examines power in public relations through the lens of bio-power – the control and management of human life through regulatory and discursive forces (Foucault, 1978; Macey, 2009; Vogelaar, 2007). Results suggest that biopower exists as (1) hegemonic knowledges of ‘brokering information’, ‘shaping public opinion’, ‘adding value’, and ‘pleasing people’ and (2) disciplining forces of a workaholic culture and self-censorship. Findings suggest that based on specific hegemonic discourses about public relations, practitioners encounter bio-power and discipline themselves to conform with industry hegemonic discourses.

CFP, Itineration, Special Edition

Call for Projects: Itineration: Cross-Disciplinary Studies in Rhetoric, Media, and Culture Special Edition: Privacy and Dataveillance Due February 1, 2014

The special edition, Privacy and Dataveillance

Itineration: Cross-Disciplinary Studies in Rhetoric, Media, and Culture invites projects that engage questions of data collection and dataveillance. Some possible areas of inquiry may include, but are not limited to:

* Foucault’s metaphor of the panopticon and its relationship to questions concerning dataveillance
* The rhetorical means companies use to promote dataveillance tracking
* The concept of anonymity within social networks, social applications, or other data gathering endeavours (such as medical and financial fields)
* Means, implications, and consequences of subverting and resisting data-mining online
* Emergent needs of identity protection online from tracking technologies
* Public rhetorics concerning security and privacy
* The political and social implications of increased observational structures (online or not) and the resulting decrease in privacy
* Issues of legal and educational advocacy for greater privacy protection
* Technical communication regarding how terms of service and end user agreements discuss tracking technologies along with privacy and anonymity
* How data mining and advertising customization leads to assumptions about the attitudes and beliefs in geographical areas
* The roles of embodiment and disembodiment connected with gender and identity/privacy and anonymity
* The relationship between decreased privacy and anonymity online and boutique and big data practices.

Interested parties are invited to submit multimedia projects of varying style, form, and content. We are especially interested in projects that push the boundaries in their composition and presentation. In short, please experiment. Play. Learn a new trick. To that end, please note that Itineration no longer publishes text-based articles (“traditional” essay format). Please send any questions concerning project design, format, technical specifications, etc. to Senior Editor and Technical Specialist, Gerald Jackson, at geraldsjackson@gmail.com

Submissions should be emailed directly to Special Edition editor, Estee Beck, at esteenbeck@gmail.com.

Deadline for submissions is February 1st, 2014. Submission accepted for publication will be published on a rolling basis upon completing the editorial process.

Schiffrin-obitAndré Schiffrin, Publishing Force and a Founder of New Press, Is Dead at 78
By ROBERT D. McFADDEN
The New York Times Books, December 1, 2013

André Schiffrin, a publishing force for 50 years, whose passion for editorial independence produced shelves of serious books, a titanic collision with a conglomerate that forced him out to stem losses, and a late-in-life comeback as a nonprofit publisher, died in Paris on Sunday. He was 78.

The cause was pancreatic cancer, his daughter Natalia Schiffrin said.

The son of a distinguished Paris publisher who fled Nazi-occupied France during World War II, Mr. Schiffrin grew up in a socialist New York literary world and became one of America’s most influential men of letters. As editor in chief and managing director of Pantheon Books, a Random House imprint where making money was never the main point, he published novels and books of cultural, social and political significance by an international array of mostly highbrow, left-leaning authors.

Taking risks, running losses, resisting financial pressures and compromises, Mr. Schiffrin championed the work of Jean-Paul Sartre, Günter Grass, Studs Terkel, Michel Foucault, Simone de Beauvoir, Noam Chomsky, Julio Cortázar, Marguerite Duras, Roy Medvedev, Gunnar Myrdal, George Kennan, Anita Brookner, R. D. Laing and many others.

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See also article by LORI HINNANT, Schiffrin, rebel of corporate publishing, dies
Seattle Times, December 2, 2013
Associated Press.