Foucault, Derrida, Deleuze : trois philosophes longtemps boudés par la France et aujourd’hui redécouverts. Leurs pensées peuvent être qualifiées de « rebelles » à double titre. Rebelles d’abord parce que singulières, critiques, irréductibles, remettant sans cesse en question le pouvoir, l’institution et la manière même de penser et de philosopher. Rebelles également parce que souvent difficiles d’accès – parfois même obscures ou hermétiques – et rétives à une lecture univoque. Et pourtant, en dépit de leur difficulté intrinsèque, elles trouvent encore un large écho aujourd’hui et pas seulement dans les cercles universitaires. Si leurs textes sont souvent ardus, ces philosophes ont toutefois réussi à se faire entendre. Leur engagement y est sans doute pour beaucoup. Loin de s’enfermer dans leur tour d’ivoire, ils se sont confrontés au réel et ont participé aux luttes concrètes de leur temps.
Les sciences humaines prennent aujourd’hui conscience de la fertilité de la pensée de ces trois philosophes : « nomadisme », « rhizome », « biopolitique » autant de concepts et d’outils qui irriguent désormais la réflexion sur la mondialisation et la résistance au libéralisme. À l’heure où ces pensées semblent s’être patrimonialisées, ce livre vient souligner la force de leur posture critique. Rebelles, elles furent… rebelles, elles sont encore.
Avec les contributions de :
Marc Abélès, Sébastien Camus, François Cusset, Elie During, Arlette Farge, Marie Gaille, Marc Goldschmit, Frédéric Gros, Bernard Lahire, Michel Lallement, Michèle Lamont, Carole Maigné, Elsa Rimboux, Élisabeth Roudinesco, Frédéric Streicher.
au sommaire :
Introduction
Si loin, si proches, le retour de trois pensées critiques (C. Halpern)
La French Theory, métisse transatlantique (F. Cusset)
L’affaire Sokal : pourquoi la France ? (N. Journet)
Michel Foucault (1926-1984)
Michel Foucault, l’insoumis (C. Halpern)
La quête inachevée de Michel Foucault (M. Lallement)
À propos de Histoire de la folie à l’âge classique (C. Halpern)
À propos de Surveiller et Punir. Naissance de la prison (M. Fournier)
Microphysique du pouvoir (C. Lefranc)
Le gouvernement de soi (Frédéric Gros)
Sous le regard de la critique (Jean-François Dortier)
Petit vocabulaire foucaldien (encadré)
Foucault et l’anthropologie (entretien avec M. Abélès)
Quel apport pour la sociologie ? (Bernard Lahire)
Foucault et l’histoire (entretien avec A. Farge)
Jacques Derrida (1930-2004)
La passion de l’excès (S. Camus)
Citoyen Jacques Derrida (M. Gaille)
Une éthique impossible (E. Rimboux)
Derrida débat avec… (encadré)
Le cas Derrida vu par la sociologie des sciences (M. Lamont)
Le rire de l’écriture (M. Goldschmit)
Gilles Deleuze (1925-1995)
Le libertaire (C. Halpern)
Le « sale gosse » de l’histoire de la philosophie (F. Streicher)
À propos de Différence et Répétition (F. Streicher)
Libérer les flux du désir (C. Halpern)
L’anti-Œdipe vu par la psychanalyse (entretien avec É. Roudinesco)
Deleuze à travers ses œuvres (encadré)
À propos de Qu’est-ce que la philosophie ? (C. Maigné)
Le devenir du rhizome (X. de la Vega)
La pop’philosophie (entretien avec E. During)
Cet ouvrage est une reprise, revue et actualisée, du Hors-série spécial n° 3 du magazine Sciences Humaines (mai-juin 2005) : « Foucault, Derrida, Deleuze : Pensées rebelles ».
Steven Dorrestijn, Technical Mediation and Subjectivation: Tracing and Extending Foucault’s Philosophy of Technology, Philosophy & Technology, June 2012, Volume 25, Issue 2, pp 221-241. https://doi.org/10.1007/s13347-011-0057-0
Abstract
This article focuses on tracing and extending Michel Foucault’s contributions to the philosophy of technology. At first sight his work on power seems the most relevant. In his later work on subjectivation and ethics technology is absent. However, notably by recombining Foucault’s work on power with his work on subjectivation, does his work contribute to solving pertinent problems in current approaches to the ethics of technology. First, Foucault’s position is compared to critical theory and Heidegger, and associated with the approach of “technical mediation” (Latour, Ihde, Verbeek). Next, a detailed study of Discipline and Punish, results in the identification of two distinct “figures of technical mediation”. Finally, Foucault’s later work on ethics and subjectivation is employed to elaborate an ethics of technology that focuses on care for the quality of the interactions and fusions with technology. Hybridization is central in the approach: it is not to be rejected, neither is it the greatest danger, but it does deserve the greatest care.
En septembre 2013 paraîtront chez Vrin (Paris) les premiers deux volumes de la nouvelle collection « Philosophie du présent », dirigée par Jean-François Braunstein, Arnold I. Davidson et Daniele Lorenzini.
Le but de cette collection est de mettre au centre des interrogations philosophiques la question du présent, de notre présent, et de réactiver, à l’égard de cette question, une attitude à la fois théorique et pratique : le présent se configure bien sûr comme un donné, mais aussi et en même temps comme une tâche. En prenant toujours comme point de départ un problème actuel, les livres qui seront publiés dans « Philosophie du présent » montrent que chacun de ces problèmes renvoie inévitablement à une configuration historique, et que présent et histoire ne sont pas deux dimensions séparées de notre expérience. Si le présent est le lieu, le seul lieu possible de notre action et de notre activité créatrice, notre efficacité suppose de rendre visible ce que d’ordinaire nous ne voyons pas, non parce qu’il est caché, mais précisément parce qu’il est sous nos yeux. Dans la contingence de notre présent nous sommes appelés à dégager la possibilité d’introduire un écart pour mettre à l’épreuve les limites qui nous sont constamment imposées. Notre rapport au présent prend ainsi la forme d’une attitude critique.
Cette collection est vouée à accueillir une série d’ouvrages qui, implicitement ou explicitement, et dans des domaines différents, témoignent de cette attitude fondamentale, dans la conviction que, pour utiliser les mots de Foucault, faire du travail en philosophie signifie toujours introduire une différence significative dans le champ du savoir, en ouvrant ainsi l’accès à une autre figure de la vérité, et peut-être aussi à une autre manière de penser et de vivre.
La collection « Philosophie du présent » accueillera en outre la série « Foucault inédit », publiée sous la direction de Jean-François Braunstein, Arnold I. Davidson, Henri-Paul Fruchaud et Daniele Lorenzini, dont le but est d’établir l’édition critique d’une série de conférences et d’interviews de Michel Foucault qui demeurent encore inédites en français, ou inédites tout court. Le premier volume, à paraître en septembre 2013, recueillera les conférences données par Foucault à Dartmouth College en novembre 1980 sur « L’origine de l’herméneutique de soi », avec les variantes de la version prononcée par Foucault le mois précédent à Berkeley, ainsi que deux autres interventions inédites, contemporaines de ces conférences.
From a series titled Le Temps des Philosophes. 4. Philosophie et Vérité. Entretien entre Georges Canguilhem, Jean Hyppolite, Paul Ricoeur, Michel Foucault, Dina Dreyfus and Alain Badiou.
The original program was produced by Radio-Télévision scolaire in 1965 and released on VHS in 1993 by the Centre National de Documentation Pédagogique.
Foucault appears at 7 minutes.
The extra details not listed on the link page are from the video sleeve.
It is unfortunate that no one has gotten around to translating Michel Foucault’s 1966 review of the French translation of Ernst Cassirer’s Philosophie der Aufklärung.1 Granted, it is a short text and – prior to its reprinting in Foucault’s Dits et Ecrits – finding it required some (though not much) digging. But it is a text worth knowing: sensitive to the political context of Cassirer’s study of the Enlightenment and sympathetic to his general approach. Had it been more widely known, it might have complicated certain assumptions about Foucault’s stance towards the Enlightenment. All of this is more than enough to suggest that the editor of What is Enlightenment? Eighteenth-Century Answers and Twentieth-Century Questions was guilty of a significant lapse in judgment when he failed to include it in his collection. The accused is not inclined contest that verdict and will try to make amends in this brief…
(Visit: http://www.uctv.tv/) Robert Brandom, Distinguished Professor of Philosophy, University of Pittsburgh, argues that genealogies (Marx, Nietzsche, Freud, Foucault) present the revenge of naturalism on rationalism. Hegel teaches us how to replace the genealogical hermeneutics of suspicion with a hermeneutics of magnanimity that allows us to see naturalism and rationalism as complementing rather than competing with one another. Series: “UC Berkeley Graduate Council Lectures” [6/2013] [Humanities]
La bibliothèque universitaire porte désormais le nom du célèbre philosophe internationalement reconnu. L’intellectuel militant s’est élevé toute sa vie contre les différentes formes d’oppression et d’enfermement.
[…]
Notre équipe a retrouvé un de ces enseignants en philosophie, un jeune étudiant prêt à dispenser des cours au jeune lycéen pour sa préparation au baccalauréat. Louis Girard a bien connu le jeune homme c’était pendant la guerre en 1943, un jeune poitevin qui deviendra des années plus tard professeur au Collège de France.
Reportage d’ Elodie Gérard et François Gibert
Au cours des journées consacrées à la pensée du philosophe Michel Foucault, son nom a été donné à la bibliothèque de la faculté de sciences humaines.
C’est un heureux hasard, convient Myriam Marcil, conservatrice en chef des bibliothèques de l’université de Poitiers. D’un côté, l’université qui réfléchissait au nom de sa nouvelle bibliothèque de sciences humaines s’arrêtait sur le nom emblématique de Michel Foucault, de l’autre, Jérôme Lecardeur, directeur du Tap, imaginait un événement autour de la pensée du philosophe mondialement reconnu et originaire de Poitiers. L’inauguration de la bibliothèque universitaire Michel-Foucault est finalement intervenue, jeudi soir, à la croisée de ces deux initiatives.
Le thème du genre retenu pour 2014
Inaugurée sans nom particulier il y a maintenant deux ans, la bibliothèque Michel-Foucault couvre l’ensemble du champ des sciences humaines. « Chaque département avait sa petite bibliothèque séparée. Nous avons fait le choix de réunir l’ensemble des disciplines, explique Yves Jean, président de l’université. Au moment où l’on n’a jamais eu autant besoin de l’intellectuel pour réfléchir sur la cité, cette bibliothèque, dans son interdisciplinarité, illustre bien tout ce que Foucault nous apporte. »
« Si on veut rêver, il ne faut pas fermer les yeux, il faut lire. » Cette citation empruntée à Foucault pour l’occasion par Frédéric Chauvaud, doyen de l’UFR sciences humaines et art, prend là tout son sens : 1.500 m2, 270 places assises de consultation, 70.000 ouvrages définissent en chiffres cet outil au service des étudiants mais aussi, ce que l’on sait moins, du public poitevin puisque – comme toutes les bibliothèques de l’université – elle est gratuite et libre d’accès.
Avant que la députée Catherine Coutelle ne dévoile officiellement la plaque en compagnie d’Yves Jean, Sara Louis et Lucie Nicolas, deux comédiennes du collectif Foucault 71 ont donné, symboliquement au milieu des livres, un aperçu de la pensée et de l’engagement du philosophe dans un dialogue constitué d’extraits de « Surveiller et punir » puis de l’émission « Radioscopie » de Jacques Chancel.
Forts de l’intérêt porté cette semaine à cette première collaboration entre Tap et université, date a déjà été prise pour l’an prochain entre les deux partenaires avec l’idée de pérenniser ce rendez-vous autour de la pensée et de sa représentation. Le thème du genre a d’ores et déjà été retenu pour 2014.
Abstract
A noteworthy conversation that took place in September 1971 between Michel Foucault and Dutch philosopher Fons Elders is to be published for the first time later this year. It reiterates some of the best-known Foucauldian positions on the Enlightenment idea of reason, madness, foreign cultures, and sexuality, while reminding us what Foucault’s rare practice of knowing has to offer today.
Richard Weiskopf and Hugh Willmott, Ethics as Critical Practice: The “Pentagon Papers”, Deciding Responsibly, Truth-telling, and the Unsettling of Organizational Morality (2013) Organization Studies, 34 (4), pp. 469-493. https://doi.org/10.1177/0170840612470256
Abstract
This paper contributes to the development of a practice-based understanding of ethics. Ethics is here conceived as a critical practice of questioning and problematizing moral orders and moral rules-in-use in which subjects (re)define their relations to self and others. Situating this conception of ethics in the context of practice theory, we draw upon ideas of responsible decision-making (Derrida) and truth-telling (Foucault) to examine Daniel Ellsberg’s leaking of the “Pentagon Papers” as illustrative of ethics as critical practice.
Author Keywords
Derrida; Ellsberg; ethics; Foucault; parrhesia; practice theory; whistleblowing