Foucault News

News and resources on French thinker Michel Foucault (1926-1984)

Jindra, M., Paulle, B., Jindra, I.W.
Relational Work in the Struggle Against Poverty: Balancing Scholarly Critiques and Emancipatory Practices in the Nonprofit Sector
(2020) Nonprofit and Voluntary Sector Quarterly, 49 (1), pp. 160-179.

DOI: 10.1177/0899764019861716

Abstract
Among antipoverty nonprofit organizations (NPOs), a significant shift back to “relational work” has been occurring. This form of human services connotes strong bonds and durable engagement with clients on major life changes. Critics have associated such efforts with paternalistic and disciplinary regimes reinforcing broader neoliberal trends. Perhaps now, with mounting pressures toward (narrow) professionalization among nonprofits, these illuminating critiques can usefully be paired with investigations doing justice to relational work’s beneficial inner workings and effects. Informed by years of immersion in NPOs and insights from “late” Foucault—ironically the central theoretical influence among critics of relational work—we show how and why researchers might approach even problematic aspects of this form of social action as unavoidable elements capable of contributing to the alleviation of poverty. The conclusion argues for pragmatic and multifaceted approaches to the study and management of antipoverty nonprofits balancing both the precariousness and promise of relational work. © The Author(s) 2019.

Author Keywords
antipoverty; Foucault; human service work; nonprofits; relational work

Bernard-Henri Lévy, Michel Foucault y el coronavirus: vigilar y castigar, El Español, 6 marzo, 2020

Solo circulan los intendentes, los sindicalistas, los soldados de la guardia”. O: “Cada uno se aferra a su casa, se mueve lo menos posible, viaja poco”. O: “Un espacio cerrado, delimitado, vigilado en todos sus lados, donde los individuos están insertados en un lugar fijo y donde se controla hasta el menor de los movimientos”. O: una sociedad “donde cada individuo está constantemente observado, examinado y distribuido entre los vivos, los enfermos y los muertos”. O incluso: “tras los dispositivos disciplinarios se esconde la fobia a los contagios”.

Estas líneas, que describen una sociedad en creciente “confinamiento” y donde la “cuarentena” se convierte en un modo de gobierno, son de 1975. Las escribió Michel Foucault. Pero, ¡cuidado! No aparecen en El nacimiento de la clínica, sino en Vigilar y castigar. Quien quiera entender que entienda.

[…]

Mayes, C.
Governmentality of Fencing in Australia: Tracing the White Wires from Paddocks to Aboriginal Protection, Pest Exclusion and Immigration Restriction
(2020) Journal of Intercultural Studies, 41 (1), pp. 42-59.

DOI: 10.1080/07256868.2020.1704228

Abstract
The importation of wire-fencing to Australia from the 1840s transformed the management of sheep. Rather than shepherds watching over flocks, wire-fences allowed sheep to roam relatively unsupervised in paddocks. It is commonly argued that the popularity of wire-fenced paddocks arose because they reduced labor costs and improved wool production. This is partly true. The declining use of shepherds to protect flocks coincided with the ending of brutal frontier wars and localised eradication of dingoes. That is, the conditions for adopting wire fences and practice of paddocking were made possible through violence. Fences came to denote property, order, and civilization. Drawing on and expanding Michel Foucault’s work on pastoral power and governmentality, this paper argues that the initial period of colonial “pastoral violence” dovetailed into a “fencing governmentality” that mobilised literal and figurative “paddocks” to manage, sort, and reproduce life that is desirable while excluding life that is not. Importantly, violence does not vacate the paddock, but is recoded and manifest differently depending on one’s relation to the fences. This paper traces the development of a fencing governmentality and its use in the protection, exclusion and restriction of biological life, namely the lives of Aboriginals, animals, and non-British immigrants. © 2020, © 2020 Informa UK Limited, trading as Taylor & Francis Group.

Author Keywords
Australia; colonial violence; Governmentality; Michel Foucault; pastoral power; sheep

Épisode 2 : La fabrique de l’individu néolibéral
France Culture (radio), 15/1/20

Compétitif, entrepreneur, contrôlé : comment la théorie néolibérale conçoit-elle l’individu ? Celui-ci peut-il échapper aux logiques de cette nouvelle rationalité ?

Cette semaine, nous réveillons les fantômes de Margareth Thatcher et de Milton Friedman pour examiner les différents visages du néolibéralisme. Un courant de pensée traversé par de nombreuses divisions depuis son apparition dans les années 1930 lors du colloque Lippman jusqu’à aujourd’hui… Pour beaucoup, il représente ce que le capitalisme peut produire de pire et il se trouve bien peu d’intellectuels pour le défendre tant il demeure associé aux politiques antisociales des années 80. « Le néolibéralisme, voilà l’ennemi ! », proclament les Gambetta du 21ème siècle qui voient en lui la source de tous nos maux.

Références sonores :
Extrait de la parabole des talents / Évangile selon Luc XIX, 12-27
Extrait du Cours de Michel Foucault au Collège de France du 14 février 1979
Extrait du film Riens du tout de Cédric Klapisch puis d’un entretien de Frédéric Lordon accordé à Nada Info en avril 2016
Extrait de l’épisode 1 de la saison 3 de la série Black Mirror sur Netflix : “Chute libre”
Interview de Naomi Klein par Regards

Brendon Murphy, The Technology of Guilt, Australasian Journal of Legal Philosophy, Volume 44, 2019, pp. 64-99

PDF of article (Copyright Brendon Murphy)

Introduction

Arguably, the most important event in criminal law is the determination of guilt. Indeed, the entire intellectual architecture of criminal law is directed towards a moment when a court declares the subject guilty, or not. That determination, through ‘due process of law’, is essential to the legitimation of punishment. Without this mechanism, punishment is simply an exercise in violence and oppression. The declarative moment, at the conclusion of a rule-governed process of evidence and reason, transforms the brutality of the state into lawful enforcement of law and legitimate action in the eyes of the world. This process is fundamental to the political and intellectual economy of the criminal law, and necessarily invites questions: what is this process; where did it come from; and what are its characteristics? This article aims to answer these questions by drawing on the work of Michel Foucault, situated in a legal analytic, for the purpose of proposing new ways of thinking about the concept of guilt, and how it is determined in criminal law. The overarching position of the paper is that a genealogy of guilt reveals ancient links between modern techniques for determining guilt, theology, and the construction of truth. We begin by considering the idea of guilt and how the criminal law makes that assessment.

Jean-Claude Monod, L’Art de ne pas être trop gouverné, Seuil, 2019

À la fin des années 1970, Michel Foucault a avancé le concept de « crise de gouvernementalité » pour approcher des phénomènes où la contestation de certains pouvoirs – religieux, politiques, disciplinaires… –, d’abord localisée, s’est élargie pour mettre en question un dispositif général de gouvernement, un ensemble de relations de pouvoir. Chaque fois s’y exprime quelque chose comme : « nous ne voulons plus être gouvernés ainsi ».

C’est l’une des ambitions de cet essai que de montrer la fécondité de ce concept pour éclairer des révoltes passées et présentes, pour compliquer et compléter les perspectives centrées sur la seule lutte des classes et celles qui se sont attachées à la construction de la démocratie, à la dynamique égalitaire et à l’institutionnalisation de ses formes. Il s’agit aussi de poser un diagnostic sur la crise actuelle de l’État néo-libéral, au sein duquel démocratie et libéralisme tendent à se dissocier et dont la vision de l’économie renvoie les dégâts sociaux et écologiques au rang d’externalités négatives.

Il s’agit enfin et peut-être surtout de penser « un art de ne pas être trop gouverné » qui ne serve pas d’auxiliaire involontaire aux formes de dérégulation économique et de dévastation écologique, mais s’articule à un souci ici thématisé comme celui de « l’usufruit du monde ».

Directeur de recherche au CNRS, Jean-Claude Monod enseigne à l’École normale supérieure de Paris. Il a notamment publié Penser l’ennemi, affronter l’exception. Réflexions critiques sur l’actualité de Carl Schmitt (La Découverte, 2006 ; Poche, 2016), Sécularisation et laïcité (PUF, 2007) et Qu’est-ce qu’un chef en démocratie (Le Seuil, 2012 ; Points, 2017).

Gouverner sans dominer, ou le difficile héritage du libéralisme
France Culture (radio) 2/1/2020

Comment penser notre présent à l’aide des analyses de la crise de gouvernementalité proposée par Michel Foucault à la fin des années 70? Jean-Claude Monod, directeur de recherche au CNRS, pense dans “L’art de ne pas être trop gouverné” les crises actuelles à l’aune de la théorie foucaldienne.

Le philosophe Jean-Claude Monod publie au Seuil L’art de ne pas être trop gouverné, un essai philosophique et politique qui repense la thèse de la crise des gouvernementalités développée par Michel Foucault à l’aune des enjeux contemporains. L’occasion de questionner les révoltes suscitées par la gouvernance de l’Etat néolibéral de la crise des Gilets Jaunes à la remise en cause de l’action de l’Etat face au péril écologique.

La question du gouvernement implique une référence au peuple qui est la source de la légitimité de l’action gouvernementale si bien que le gouvernement doit toujours se diriger vers le bien de ce peuple. Il faut sans cesse rappeler au gouvernement son devoir et son lien au peuple.
(Jean-Claude Monod)

Héritier de la démarche critique de l’auteur de « Surveiller et punir », Jean-Claude Monod travaille à combler un vide laissé dans l’œuvre de Michel Foucault, celui des applications politiques qui peuvent suivre la révolte. Il ne s’arrête pas uniquement à une valorisation de la révolte mais étudie ses possibles débouchés et traductions politiques.

Il y a quelque chose qui s’est brisé, c’est la croyance d’un effet majeur de l’élection. On s’est rendu compte que l’alternance ne permettait plus de dessiner de véritable changements sur le plan politique. Il y a de ce point de vue une forme de fin du cycle néolibéral en raison de ce  sentiment de dépossession démocratique. Foucault à ce sujet que l’on était passé d’un marché sous surveillance de l’Etat à un Etat sous surveillance du marché. Ainsi, on a vu avec Emmanuel Macron que les partis institutionnels étaient frappés de désaffection.
(Jean-Claude Monod)

S’il ne rejette pas l’héritage libéral sur le plan politique ou encore juridique, il le distingue du néolibéralisme qu’il qualifie d’autoritaire et vis-à-vis duquel il est très critique. L’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron coïncide pour lui avec l’entrée dans un néolibéralisme autoritaire.

La grève est un des grands mode de protestation des mouvements sociaux et des syndicats qui est réinvesti avec la question des retraites.
(Jean-Claude Monod)

Jean-Claude Monod base son étude de Michel Foucault sur les cours donnés par celui-ci au Collège de France à la fin des années 70. Le travail de Foucault est aussi historique et inscrit les gouvernementalités dans une perspective du temps long en remontant jusqu’au XVI e siècle. Jean-Claude Monod reprend cet outil pour penser les points de rupture d’un présent ancré dans une continuité historique.

L’écologie invite aujourd’hui à complètement repenser la question de la délimitation et du contrôle social de l’activité économique.
(Jean-Claude Monod)

Épisode 1 : Aux origines du néolibéralisme
France Culture (radio) 7 janvier 2020

Du Colloque Lippmann à la création de la Société du Mont Pèlerin, le concept de néo-libéralisme est loin d’avoir connu un parcours unifié et homogène. Les penseurs qui en furent à l’origine ont interrogé la place à donner à l’Etat dans la régulation de l’économie, source de nombreux désaccords…

Néolibéralisme : voilà un terme que l’on trouve essentiellement dans la bouche de ceux qui le dénoncent. Souvent résumé à un capitalisme devenu fou, il désigne pourtant une nébuleuse de courants de pensées dont les clivages ont traversé le 20ème siècle… Du New Deal aux années Reagan et Thatcher, les doctrines néolibérales naviguent entre défense du libre-marché et intervention de l’Etat. Alors comment ce concept tant décrié s’est-il propagé ? La France mène-t-elle aujourd’hui une politique néolibérale ? Et le néolibéralisme est-il un individualisme ?

Références sonores :

  • Extrait du Cours du Collège de France de Michel Foucault “Naissance de la biopolitique” – 31 janvier 1979
  • Le President Roosevelt défend la politique du New Deal dans un discours à Green Bay, dans le Wisconsin – le 9 aout 1934
  • Lecture d’un extrait de “The Good Society” (La cité libre – 1937) de Walter Lippmann
  • Lecture de l’intervention de A. Rüstow lors du Colloque Lippmann, le lundi 29 août 1938 – cité dans l’ouvrage de Serge Audier “Le Colloque Walter Lippmann” (Le Bord de l’eau, 2008)
  • Extrait d’un entretien télévisé de Friedrich Hayek avec John O’Sullivan (1985)
  • Friedman s’exprime sur son rôle dans l’organisation économique du Chili à la télévision américaine (Public Broadcasting Service) le 10 janvier 2000

Emily Langer, Jean Daniel, preeminent French journalist and intellectual, dies at 99. Washington Post, Feb. 22, 2020

See also Bernard-Henri Lévy’s memoir and obituary at Tablet Magazine

Jean Daniel, a leading intellectual of the French left whose cameos in history included a trip to Cuba in 1963, where he extended to Fidel Castro a tentative overture from President John F. Kennedy and learned while dining with the Communist leader that Kennedy had been fatally shot, died Feb. 19 at 99.

His death was announced by L’Obs, the weekly news magazine that he helped found in 1964 as Le Nouvel Observateur, and where he served as editorial director until 2008. Other details of his death were not immediately available.

[…]
He resided at the “center of the French intellectual political life,” said Alain Minc, a former director of Le Nouvel Observateur, with a social circle that included the philosophers Albert Camus (“For 50 years, I couldn’t think without him,” Mr. Daniel commented), Jean-Paul Sartre, Jacques Derrida and Michel Foucault, as well as political leaders including Pierre Mendès-France and François Mitterrand of France, Ahmed Ben Bella of Algeria and David Ben-Gurion and Shimon Peres of Israel.

[…]

Evans, B., Johnson, H.
Responding to the problem of ‘food security’ in animal cruelty policy debates: building alliances between animal-centred and human-centred work on food system issues
(2020) Agriculture and Human Values, 37 (1), pp. 161-174.

DOI: 10.1007/s10460-019-09979-2

Abstract
Research on ethical issues within food systems is often human-centric. As a consequence, animal-centric policy debates where regulatory decisions about food are being made tend to be overlooked by food scholars and activists. This absence was notable in the recent debates around Australia’s animal live export industry. Using Foucault’s tools, we explore how ‘food security’ is conceptualised and governed within animal cruelty policy debates about the live export trade. The problem of food security produced in these debates shaped Indonesians as ‘victims’ of food insecurity due to the nation’s inability to produce sufficient quantities of protein. This understanding of the problem reproduced the dominant framing of food security as a problem for developing countries addressed by increasing global food production. The underlying premise uncritically accepted in Australia’s debates on live export trade was that intensive animal agriculture, and Australia’s live export trade specifically, were essential to alleviating global food insecurity. Drawing on our findings, we show how dominant representations of ‘food security’, and related regulatory and technological trajectories, flourish where alliances between animal and food activists, scholarship, and movements are weak. Accordingly, we argue for agri-food scholars to take up opportunities to contribute to the policy discussions about the treatment of animals to effectively expand the kinds of problems, solutions, and strategies of resistance produced in the discourses surrounding food system issues. © 2019, Springer Nature B.V.

Author Keywords
Animal cruelty; Discourse; Food activism; Food security; Live export