Foucault News

News and resources on French thinker Michel Foucault (1926-1984)

Agustin Colombo (UCLouvain, centre CERPhiCO) et Paul Slama (UNamur) ont le plaisir de vous annoncer la troisième séance du séminaire interdisciplinaire “Subjectivité et religion“. Elle aura lieu le jeudi 24 juin 2021, de 15h00 à 17h00 et accueillera Jacob Schmutz (UCLouvain).
Il présentera une communication intitulée “Conscience moderne et désobéissance civile. Quelques leçons de la théologie moderne, XVIe-XVIIIe siècles”.


Pour participer à cette session, veuillez vous inscrire en ligne.
Pour toute demande d’information, contacter Agustin Colombo (agustin.colombo@uclouvain.be) ou Paul Slama (paul.slama@unamur.be)


Résumé :

A l’époque moderne, deux concepts différents de conscience entrent en concurrence, que la langue française ne différencie pas depuis le choix funeste de Coste de rendre l’un par l’autre : d’une part, le concept théologique traditionnel, la conscience-conscience (en anglais)-Gewissen (en allemand), héritage de la synderesis patristique et scolastique, principe de discernement inné du bien et du mal ; d’autre part, un nouveau concept de conscience-consciousness (en anglais)-Bewusstsein (en allemand), qui s’impose comme un concept proprement philosophique pour décrire la présence à soi de l’âme, immédiate ou réflexive, et qui devient la marque propre d’une subjectivité ordonnatrice du réel à partir de ses propres perceptions ou certitudes innées. De Hegel à Foucault, en passant par Heidegger ou Blumenberg, les défenseurs du paradigme de la modernité comme « âge de la subjectivité » et de l’autonomie ont tous insisté d’une manière ou d’une autre sur le rôle fondamental de cette « découverte » moderne de la conscience-consciousness comme condition de possibilité d’un âge moderne de la science délivrée de la religion. Dans ce séminaire, je voudrais proposer une généalogie alternative, et interroger la validité de ce récit. En étudiant les transformations spécifiquement moderne du concept théologique traditionnel de conscience-conscience, je voudrai suggérer qu’elles sont au principe de formes spécifiquement modernes de soumission à l’autorité, d’abord ecclésiale puis étatique. Loin de suggérer une victoire de l’autonomie, les théories religieuses modernes de la conscience insistent au contraire sur une dépendance indépassable du sujet à l’égard de normes dont il ou elle n’est pas l’auteur. Dans le monde chrétien occidental, cette nouvelle hétéronomie se décline toutefois selon deux formes radicalement différentes : d’un côté les conceptions catholiques contre-réformées de la conscience dans la tradition casuistique, où s’élabore une fine nomenclature des conditions auxquelles l’homme doit « déposer » sa conscience et la mettre entre les mains de l’autorité ; de l’autre côté, les conceptions réformées, en particulier puritaines, où la conscience devient un principe normatif propre qui conduit ultimement au rejet des autorités autres que celle de la parole divine transmise dans l’Écriture. Ces deux conceptions se traduisent politiquement dans les débats du XVIIe siècle autour de la désobéissance civile, et structurent encore largement le rapport que les individus entretiennent aujourd’hui vis-à-vis de l’État et de l’autorité des experts qui ont remplacé les directeurs de conscience d’autrefois.

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